L’inconscient à l’agonie : pourquoi avons-nous abandonné la psychanalyse au bord du chemin ?
Peut-être la question même de ce désintérêt pour la psychanalyse nous révèle-t-elle davantage sur notre époque qu’elle ne nous renseigne sur la discipline freudienne elle-même, comme si l’abandon progressif de cette méthode d’exploration de l’âme témoignait moins d’une faillite théorique que d’une transformation radicale de notre rapport au temps, à la souffrance, et à cette chose mystérieuse que l’on nomme encore parfois le sujet. Toujours est-il que lorsque l’on observe avec attention le paysage intellectuel contemporain, force est de constater une mutation singulière : là où jadis les concepts d’inconscient, de refoulement, de transfert occupaient une place centrale dans la compréhension que nous avions de nous-mêmes, aujourd’hui règne une certaine indifférence, voire une méfiance ouverte envers ces catégories qui semblaient pourtant avoir conquis définitivement les territoires de la pensée occidentale au cours du vingtième siècle!