Peut-être la persistance des concepts lacaniens dans notre époque leur est-elle imposée par notre incapacité collective à les abandonner complètement, par l’immobilité de notre rapport aux questions fondamentales de l’être parlant. Toujours est-il que, lorsque l’on observe le paysage intellectuel européen de cette année 2025, l’esprit s’agite pour chercher, sans y parvenir aisément, les traces encore vivantes de cette pensée qui bouleversa le XXe siècle. Tout semble s’être reconfiguré autour de nous dans cette modernité tardive, les paradigmes, les institutions, les modes de compréhension du psychisme humain. Notre époque, trop habituée aux certitudes empiriques pour accueillir l’incertitude structurale du sujet, cherche d’après les formes de sa rationalité technique à repérer les mécanismes neurobiologiques, la cartographie cérébrale, pour reconstruire et nommer la demeure de la conscience où elle croit pouvoir localiser l’humain.