Alexandre Bleus - Article - L'espace du refoulement dans la topologie de Lacan.

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    Le moi et le noeud borroméen : une topologie du sujet chez Lacan

    Nous savons pertinemment bien et, d’ ailleurs nous avons déjà vu ensemble qu’ aborder la pensée de Jacques Lacan, c’est bien évidemment s’aventurer dans un labyrinthe conceptuel où les termes familiers de la psychologie prennent des acceptions radicalement nouvelles et où des figures topologiques inattendues viennent modéliser l’architecture même de l’être parlant.

  • L’inconscient à l’agonie : pourquoi avons-nous abandonné la psychanalyse au bord du chemin ?  

    Peut-être la question même de ce désintérêt pour la psychanalyse nous révèle-t-elle davantage sur notre époque qu’elle ne nous renseigne sur la discipline freudienne elle-même, comme si l’abandon progressif de cette méthode d’exploration de l’âme témoignait moins d’une faillite théorique que d’une transformation radicale de notre rapport au temps, à la souffrance, et à cette chose mystérieuse que l’on nomme encore parfois le sujet. Toujours est-il que lorsque l’on observe avec attention le paysage intellectuel contemporain, force est de constater une mutation singulière : là où jadis les concepts d’inconscient, de refoulement, de transfert occupaient une place centrale dans la compréhension que nous avions de nous-mêmes, aujourd’hui règne une certaine indifférence, voire une méfiance ouverte envers ces catégories qui semblaient pourtant avoir conquis définitivement les territoires de la pensée occidentale au cours du vingtième siècle!

  • Lacan : cet amoureux du Grand Siècle

    La question posée ici n’est pas anodine, mes chers lecteurs, car elle touche à ce qui constitue peut-être l’une des énigmes les plus fécondes de l’histoire de la psychanalyse française. Lacan, cet homme qui sut transformer le divan freudien en tribunal de la langue, entretenait avec le siècle classique une relation qui dépassait la simple érudition de salon. C’était une fascination viscérale, presque amoureuse, pour cette époque où la langue française atteignit une précision chirurgicale que les siècles suivants n’ont cessé d’émousser. Mais d’où venait donc cette prédilection pour les perruques poudrées et les salons de Madame de Sévigné?

  • La fin du monde est-elle un sujet digne de la psychanalyse ?

    La fin du monde s’impose à nos esprits contemporains avec une insistance qui ne saurait être ignorée par la psychanalyse. Cette question, qui pourrait sembler relever d’abord de la cosmologie, de la théologie ou de l’écologie, pénètre en vérité les couches les plus profondes de notre psychisme et réclame une attention particulière de la part de ceux qui s’intéressent aux formations de l’inconscient. Peut-être cette préoccupation apocalyptique n’est-elle pas tant le reflet d’une réalité extérieure menaçante que la projection sur l’écran du monde d’angoisses archaïques qui trouvent là un support où se déployer ! Toujours est-il que, lorsque le sujet évoque spontanément la fin des temps durant la cure analytique, quelque chose de son rapport à la mort, à la castration, à l’effondrement narcissique se manifeste sous un déguisement collectif qui mérite d’être décrypté. L’analyste qui entend ces récits catastrophistes doit se garder de les prendre au pied de la lettre, comme s’il s’agissait simplement d’une inquiétude raisonnable face aux périls écologiques ou nucléaires, car derrière ces scénarios de destruction universelle se cache souvent une économie psychique singulière, une organisation fantasmatique qui utilise la fin du monde comme signifiant privilégié pour dire quelque chose d’infiniment plus personnel.

  • Le synthôme ou la langue trouée du réel selon Lacan

    S’il est un mot dans l’œuvre lacanienne qui semble sonner faux au tympan du logicien, troubler l’oreille du lettré, dérouter le clinicien, c’est bien celui-ci : synthôme. Le mot heurte et résiste, et c’est justement là, dans ce frottement, que Jacques Lacan logeait son plaisir conceptuel, comme un tailleur d’ombres cisèle le silence de la nuit. Ce terme, volontairement orthographié à contresens du “symptôme”, ne désigne pas seulement une anomalie de la langue, mais une manière de nouer ce que l’on croyait défait : le corps, la jouissance, le savoir.