Le synthôme ou la langue trouée du réel selon Lacan
S’il est un mot dans l’œuvre lacanienne qui semble sonner faux au tympan du logicien, troubler l’oreille du lettré, dérouter le clinicien, c’est bien celui-ci : synthôme. Le mot heurte et résiste, et c’est justement là, dans ce frottement, que Jacques Lacan logeait son plaisir conceptuel, comme un tailleur d’ombres cisèle le silence de la nuit. Ce terme, volontairement orthographié à contresens du “symptôme”, ne désigne pas seulement une anomalie de la langue, mais une manière de nouer ce que l’on croyait défait : le corps, la jouissance, le savoir.